Lundi du Gouverneur Militaire de Paris

11 01 2010

Ce lundi du Gouverneur était grandement consacré à une conférence passionnante donnée par Pierre Servent, journaliste sur le thème de son dernier ouvrage « Les guerres modernes racontées aux civils et aux militaires » et plus particulièrement sur la guerre en Afghanistan. Guerre de symboles, de moyens, mais aussi de rapport à la vision que chacun a de l’autre, Pierre Servent a fait œuvre utile en décryptant la perception de chacun des protagonistes, montrant ainsi que la guerre moderne ne met pas seulement des forces, des armes, mais une analyse de l’autre, sans laquelle, comme on peut le voir aujourd’hui sur ce théâtre d’opérations, le seul rapport de forces est vain. Notions guerres disymétriques ou asymétriques ; conséquences plus lourdes pour les civils (en 1914, 80% des morts étaient militaires ; aujourd’hui, 80% des morts sont civils dans les conflits) ; de même, dans les conflits modernes, la fin des opérations militaires majeures ne déclenche pas la paix et il y a plus de morts après la guerre que pendant. Autres caractéristiques de ces guerres modernes : on ne voit pas l’ennemi, or, comme le disait Napoléon : « La guerre, c’est comme l’amour, à un moment, il faut aller au contact ». En Afghanistan, les combattants ont d’une main une kalachnikov, de l’autre une clé USB, puisque l’arme médiatique (vidéo, photos, réseaux, télé, internet) sont autant d’armes nouvelles de démultiplication des combats. Dès lors, mener bataille ne peut se résumer à l’accumulation de forces et de moyens, mais suppose de comprendre la psychologie de l’adversaire, la culture du pays où l’on est et surtout de déterminer des buts clairs qui ne se substituent pas à ce que seule la politique est capable de faire : restaurer la paix.


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