Avec l’amicale de Bergen-Belsen

19 12 2009

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai répondu à l’invitation de l’amicale des déportés de Bergen-Belsen et de son président, Albert Bigielman, mon ami et plus. J’ai dit à de multiples reprises l’attachement particulier qui me lie à cette amicale et à son président, puisque c’est avec eux que j’ai assisté à ma première cérémonie en qualité d’élu. Et tous les moments que nous avons passés ensemble ont toujours été marqués par la douceur de la relation et la gravité de la mission : se souvenir et transmettre. C’est dans un hôtel parisien que se donnait le déjeuner précédant l’assemblée générale de l’association, sous un beau soleil d’hiver. Etaient présents le représentant de l’ONAC Paris, madame Simone Veil, femme qui dans ces circonstances suscite toujours chez moi distance respectueuse et admiration profonde, ainsi que Roger Herman, secrétaire général de l’Union des Déportés d’Auschwitz. Au moment du café, j’ai tiré mon écharpe de la poche et j’ai demandé à prendre la parole pour remettre à Albert, la médaille du 20ème qui l’attend depuis plusieurs mois. Au nom de la municipalité, j’ai dit notre amitié et notre affection à cet homme, rescapé de Bergen-Belsen, enfant du 20ème, et qui a connu à la Bellevilloise et au Commissariat de Police l’inhumanité administrative des rafles policières sous le gouvernement de Vichy. J’ai été très ému de l’émotion d’Albert qui garde le 20ème dans son cœur. Je suis ensuite resté pour l’assemblée générale qui a arrêté un calendrier, commenté le bilan de l’année et débattu, sans que la question soit satisfaite, de l’avenir de l’amicale : doit-elle se poursuivre au travers des enfants et petits enfants, se fondre dans une structure plus vaste ? Pour ma part, je suis intervenu pour évidemment dire que ce débat tranché pour l’UDA à travers la dissolution programmée de l’association et sa dévolution au sein d’une structure de recherche, était capital mais qu’il convenait de savoir ce que les sociétaires voulaient transmettre : le souvenir des personnes qui ont été déportés ou celui du camp, les deux ensemble, ce qui est le cas aujourd’hui à travers les survivants, ne pouvant être assumés par ceux qui viendront. Reste aussi la spécificité de Bergen-Belsen au regard de la « qualité » des détenus, enfants, fils et filles de prisonniers de guerre, qui par ce statut de « privilégié » selon le mot de Francine Christophe, échappèrent à la Shoah. Débat fondamental que l’avenir des associations de déportés pour perpétuer la mémoire au moment où nous commentions l’acte de toute manière odieux et dont on ne sait s’il est crétin, crapuleux ou négationniste qui a consisté à voler dans la nuit de jeudi à vendredi l’inscription « Arbeit macht Frei » au-dessus du camp d’Auschwitz .

Je remercie Thierry Bourrie pour les photos.


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