Espoir à gauche, à Marseille, les ateliers
23 08 2009
Le drapeau d’Espoir à gauche, hissé par Patrick Mennucci, puissance invitante, que je veux remercier pour la qualité de l’accueil, de l’organisation et de ses interventions, flottait sur le Pharo. En effet, les 21 et 22 août, Espoir à gauche, premier courant du Parti socialiste, soit un tiers, avait donné rendez-vous à Marseille, aux militants, venus nombreux, plus de 1500, pour deux vraies journées de travail. Avouons-le, beaucoup d’entre nous parlent d’évoquer des « sujets de fond » et se contentent de dire « le fond, le fond » pour ne pas en parler. Or là, visiblement, l’envie était réelle d’affronter les sujets sur lesquels bien des français considèrent que nous n’avons pas, plus ou peu d’idées. L’avantage de ce courant, auquel nous participons avec mes amis depuis la constitution de la motion E, c’est qu’au fond, personne n’abandonne ses idées, mais veut les partager, les frotter avec les autres et c’est ainsi que les idées naissent, non d’en haut, par oukase, autoritarisme, mais par le dialogue, la confrontation, l’échange. Le premier débat a pris la forme d’une assemblée générale, fixant le cap et la conduite : pas de petites phrases, pas de commentaires sur les commentaires, mais la volonté d’ouvrir tous les débats et de les porter au fond commun du PS et de la gauche.
J’ai assisté à un atelier consacré à « la crise de la social-démocratie européenne : vers un nouveau progressisme européen ». Au-delà de la crise électorale, en effet, la première question est de savoir si nous disposons d’un socle commun, malgré le Manifesto, brandi lors des élections européennes. Or, constatons-le pour le déplorer, au-delà de nos instances internationales, comme l’Internationale Socialiste ou européennes, comme le PSE, les gauches n’ont pas été capables d’être identifiées à un projet partagé. Bien au contraire et la référence n’a pas manqué, au moment où la gauche européenne gouvernait dans 11 pays sur 16, en 1997, c’est le prisme étatique et gouvernemental qui s’est imposé. De même, les partis socialistes européens n’ont pas été capables de s’entendre sur un candidat commun à la présidence de la Commission. La croyance quasi mécanique que la crise renforcerait la social-démocratie a agi comme un puissant facteur d’endormissement. Dans le même temps, avec tout l’art du faussaire qui est la marque du capitalisme, les gouvernements de droite ont paru emprunter les solutions moins social-démocrates qu’étatiques leur permettant ainsi d’apparaître en situation face à crise économique mondiale.
Je retiens l’intervention stimulante de Jean-François Kahn qui est revenu sur les valeurs fondatrices et la critique du néo-libéralisme qui pour lui est moins la continuation du libéralisme politique ou un libéralisme débridé que sa négation, dans une version autoritaire d’interventionnisme d’Etat et sécuritaire sur le plan de la conduite de la société. Je retiens aussi l’intervention de mon ami Charles Fiterman qui a rappelé, qu’au fond, ce que nous vivions aujourd’hui, nous l’avions déjà vécu, avec Refondation(s), lorsque pour la première fois, socialistes, communistes, syndicalistes, associatifs, citoyens, nous nous étions retrouvés dans ce vaste mouvement, en pleine déréliction de la gauche dans les années 1990. Ce mouvement s’était ensuite brisé dès la présidentielle, lorsque les partis traditionnels ont repris la main, en présentant chacun leur candidat. Comment aujourd’hui faire de ce chantier de la refondation celui de la gauche toute entière et au-delà, puisque c’est l’enjeu d’une alternative démocratique qui est posée.
Le lendemain matin, participation à l’atelier « démocratie, actions publiques et collectivités locales », animé par François Rebsamen : quelles réponses à la réforme Sarkozy, quelles approches à la veille des régionales ? Tout d’abord, la nécessité de la riposte au projet de refonte de la carte territoriale. En effet, au-delà des arguments dits de bon sens sur le mille feuilles territorial, les gaspillages, il faut d’abord y voir la volonté du gouvernement de reprendre par des textes ce qu’il a perdu par le suffrage, à savoir la majorité des régions, des départements et des grandes villes. Pour autant, la gauche ne peut être absente des propositions. Et c’est sans doute le débat engagé par Pascal Terrasse que je partage le plus, qui fait la distinction entre l’autonomie fiscale et l’autonomie financière, puisque nous savons et nous voyons que la capacité de lever l’impôt qui fonde l’autonomie fiscale des collectivités est mise en cause par la base et le potentiel fiscaux. Est-cela la démocratie locale ? Débats à suivre !







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